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Mot du recteur

Parmi les grands enjeux et paradigmes de notre système d'enseignement du 21ème siècle, figure le LMD. Le LMD constitue, en effet, un enjeu majeur pour l'Université gabonaise et pour les Universités des pays membres de la CEMAC.
C'est un outil d'intégration et de développement de nos pays. L'Université Omar Bongo ayant été choisie par les plus hautes autorités de nos états comme « Université pilote » a mené ces dernières années, les réflexions sur l'appropriation de ce nouveau système universitaire. Les réflexions au niveau national se sont prolongées au niveau régional, européen et nord américain et ont abouti à la mise en place, par nos Chefs d'Etat, d'un cadre juridique commun. Nous entendons le mettre en oeuvre en étroite collaboration avec la tutelle et conformément à ses instructions.
Le LMD, en introduisant les formations professionnalisantes dans les Universités renforce nos enseignements classiques et nous projette en même temps dans le monde du travail. C'est bien là un atout supplémentaire dans la problématique de l'adéquation « Formation Emploi ». En effet, dans la perspective du développement de la Nation et au regard de la mondialisation, l'Enseignement Supérieur assure désormais trois missions essentielles. Il s'agit de la Recherche et la Culture, de la formation des enseignants et de l'adéquation formation-emploi. Cette troisième mission vise à répondre précisément aux impératifs de qualification de haut niveau imposés par la mondialisation de l'économie.
Ainsi, ces trois missions dévolues à l'Universités, quand elles sont pleinement assumées, donnent à la société la capacité de maÎtriser les savoirs et les savoirs faire et développer davantage ces ressources humaines. L'Université constitue bien, à travers la recherche qu'elle mène, un facteur structurant du développement de la nation.
Ainsi, avec le LMD, l'Université s'ouvre à la société et devient l'un des partenaires majeurs du développement de la nation. Si le LMD vise à réconcilier l'Université avec la société, il permet aussi une grande mobilité des enseignants et des étudiants, du fait de la standardisation des modes opératoires et des contenues scientifiques. C'est dire que la réalisation du projet LMD, défi des temps nouveaux, nécessite un accroissement des ressources financières, matérielles et humaines considérables. Dans cette perspective, l'U.O.B. par exemple bénéficie :

    • D'un Campus Numérique intégré qui la relie aux autres universités et organismes de recherche extérieurs ;
    • De deux pôles scientifiques oú sont regroupés tous les laboratoires et centres de recherche des deux facultés ;
    • De l'informatisation de la scolarité centrale qui a permis de gagner en temps et en efficacité par rapport aux missions qui lui sont confiées.

    De même, les résultats encouragements de nos collègues à l'inscription sur les différentes listes d'aptitude et concours d'agrégation du CAMES confirment la grande expérience, la maturité et la crédibilité de nos institutions d'enseignement supérieur dont témoigne également la présence, au sein de université, des étudiants de près de vingt cinq nationalités. C'est bien là un indicateur fort de l'excellente qualité de nos enseignements dont le pays peut être légitimement fier. Bien sûr, beaucoup reste à faire, sur le plan académique et social. Mais ce n'est pas le lieu d'égrener le catalogue des problèmes qui nous assaillent au quotidien. Rappelons-en quelques uns qui nous paraissent importants, et sur lesquels nous allons devoir porter notre action.

    Sur le Plan Académique

    Le déficit de motivation pour le mérite d'enseignant en raison des conditions d'existence et de travail des enseignants-chercheurs. La part de responsabilité qui incombe aux enseignants-chercheurs est de plus en plus portante dans l'avènement de cette université gabonaise performante que nous appelons de nos voeux. Il s'agit là de l'imputabilité sociale de l'Université, en d'autres termes, les résultats de la recherche et les services de l'Université doivent profiter à la société.

    Sur le Plan Administratif et Social

    En général, nos Universités accusent un déficit énorme en matière de cadres administratifs, principalement de la catégorie A1. A ces problèmes administratifs qui affectent nos institutions universitaires s'ajoutent ceux du personnel ATOS que nous n'oublions pas. En dépit de ces problèmes, la mission spécifique qui nous est confiée n'en est pas moins exaltante. Sa réussite appelle de l'ensemble des acteurs de nos Universités et grandes écoles plus d'effort et de motivation. C'est un challenge commun.

    En effet, unie et solidaire, consciente de ses devoirs, la communauté universitaire, pourra alors instituer un dialogue constant et constructif avec les pouvoirs publics qui détiennent, pour partie, la solution à nos problèmes. C'est donc ce nouvel état d'esprit que mes collègues et moi-même voudrions instaurer au sein de nos institutions, clef de voûte du développement de notre pays.

    Pr Fidèle Pierre NZE-NGUEMA